Déficit en hormone de croissance chez l’adulte : au-delà des bases

Signes physiques
Le déficit en GH laisse des traces visibles sur le corps. Une pseudo-gynécomastie, un abdomen tombant ou des amas graisseux au-dessus des genoux sont fréquents.
Le visage peut présenter un amincissement des sourcils, des joues affaissées, des paupières tombantes et des rides profondes. Même les mains et les ongles peuvent montrer une atrophie et des stries, signalant un déséquilibre hormonal plus profond.
Données biologiques
L’IGF-1 sérique est le marqueur clé, mais les résultats doivent être interprétés avec prudence. Les patients situés dans la plage « normale » peuvent néanmoins présenter un déficit fonctionnel, surtout dans le quartile inférieur.
Le ratio IGF-1/IGFBP-3 reflète mieux la fraction d’IGF-1 biologiquement disponible. Chez les personnes âgées, la diminution du nombre et de l’affinité des récepteurs amplifie les effets même de baisses modérées.
Dimension psychologique
Le déficit en GH imite souvent des troubles psychiatriques. Les patients rapportent une fatigue, une faible tolérance au stress, de l’anxiété ou une instabilité émotionnelle.
La dépression est fréquente, liée à une diminution de la sécrétion nocturne de GH. Le chevauchement avec le syndrome de fatigue chronique et la fibromyalgie est important, rendant une évaluation attentive essentielle.
Implications cliniques
Les niveaux intermédiaires d’IGF-1 ne doivent pas être négligés. Les patients plus grands et plus musclés nécessitent souvent des cibles d’IGF-1 plus élevées que les individus de plus petite corpulence.
Les recherches montrent qu’un IGF-1 bas, même dans les valeurs de référence, est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose, de démence et de certains cancers. Reconnaître ces nuances peut modifier les résultats cliniques.
